Valoriser la création

Longtemps, on m’a affirmé que l’on apprend beaucoup de ses échecs et qu’il faut passer par là pour un jour réussir. Cependant, et après avoir créé de nombreuses entreprises, je me suis aperçu que cet adage était totalement faux !

Si l’échec peut nous éclairer sur ce qu’il ne faut pas reproduire, et encore faut-il avoir la certitude du moment exact de l’erreur, cela ne nous apprend en rien de ce qu’il faut faire !

Ce n’est en effet pas la liste, qui n’est jamais exhaustive, de ce que l’on ne veut pas qui nous apprend ce que l’on veut !

Or étrangement, lorsque l’on crée son entreprise on passe par des moments de rêves lors desquels on imagine avoir mis la main sur le produit, le concept, l’innovation qui vont révolutionner le monde.

A partir de cet instant une lumière malfaisante s’allume en nous pour dresser la liste incommensurable des freins posés par les autres dont nous devrons nous entourer. Problèmes d’argent, problèmes de ressources humaines, problèmes de locaux, problèmes de timing, problèmes de commercialisation, problèmes de marketing, problèmes administratifs, pour ne citer que les plus simples, sans parler des problèmes liés à la mise au point de ce que nous créons, que ce soit un produit, un système, un concept ou que sais-je d’autre.

Mais d’où vient cette lumière qui dresse en nous des barrières innombrables avant même que nous les atteignons ?

Sans doute beaucoup de l’imaginaire que nous nous faisons de l’autre, des expériences passées entendues qui dépeignent les difficultés rencontrées, soit pour expliquer l’échec, soit pour encore mieux valoriser la réussite.

Or quand nous créons notre structure, forts de la validité de notre projet, adoubés de nos business plans, rassurés par nos études de marché, épaulés par nos coachs, soutenus par nos familles et amis (qui souvent ne se gênent pas pour toutes les mises en garde), d’un coup d’un seul nous prenons conscience que nous ne pourrons pas faire tout cela SEUL. Il nous faudra donc nous lancer dans l’aventure avec d’autres que nous.

​Comment allons-nous faire avec ces autres que nous ne connaissons pas ?

La négociation prend dès alors toute sa place dans le processus de notre réussite. Il s’agit tout d’abord d’un état d’esprit global dans la relation à l’autre que nous allons devoir construire, et d’outils pratiques et reproductibles qui nous permettrons d’optimiser chaque phase de ce process.

Henri Jean Tolone

Henri Jean Tolone

Fondateur